On ne leur demande pas d'où ils viennent, mais par où ils sont passés.
Ils peuvent s'installer à peu près n'importe où, sans être parfaitement adaptés nulle part.
On ne sait pas quand les Elarans sont partis, parce qu'il n'y a pas eu de départ. Il y en a eu beaucoup, très espacés, chacun décidé pour une raison sans rapport avec le précédent — une récolte manquée, une dette, une querelle de famille, un armateur qui trouvait le système voisin plus prometteur que le sien. Le monde d'origine s'est vidé sur une durée si longue que personne, à bord, n'a jamais eu le sentiment d'émigrer.
Le couloir, ils l'ont trouvé en cherchant une route plus courte, et cela n'a fait d'histoire à personne. Un équipage est rentré avec un relevé, l'a vendu, puis l'a revendu. C'est resté une affaire d'armateurs pendant tout le temps qu'il a fallu pour qu'une bonne part du peuple vive dessus.
Ils se sont répandus comme se répand une route : par les côtés, en s'arrêtant partout où il y avait de quoi s'arrêter, sans jamais décider qu'un endroit valait mieux qu'un autre. Aucun de leurs mondes ne porte le nom d'un lieu. Ils portent des noms de gens — celui qui a payé la traversée, celui qui est mort en chemin, celui qui a signé le premier bail — et la date à laquelle on est arrivé. Un cadastre elaran se lit comme un registre d'équipage.
Ils ont touché les trois autres peuples avant que ceux-ci ne se touchent entre eux, et ils n'en ont tiré aucun récit : c'étaient des clients. Du monde d'origine il reste une rumeur, dont plusieurs versions circulent, incompatibles entre elles. Personne n'a jamais financé le voyage qui trancherait.
- Chez eux
- Les mondes tempérés, où l'on bâtit à ciel ouvert et où les quatre ressources sortent en même temps sans qu'aucune abonde.
- Ce qu'ils ouvrent
- Presque rien ne leur est fermé, et leur monde ordinaire produit un peu de tout : ils sont le fournisseur de secours de la galaxie entière, et le seul peuple qui n'a besoin de conquérir personne pour vivre.
- Ce que cela coûte
- Aucun monde en exclusivité, aucune ressource dominée. Sur chaque terrain, un spécialiste fait mieux pour moins cher. Leur avantage est la largeur, jamais la profondeur.